Lutte contre les déchets marins

Publié le 28 mai 2019 — Modifié le 15 juillet 2019

Les déchets marins sont les déchets présents en mer et sur le littoral. Ils sont une source de préoccupation majeure car ils étouffent progressivement la vie dans nos océans et défigurent nos plages. La présence de ces déchets a des conséquences socio-économiques et sanitaires importantes : coûts des opérations de nettoyage, impacts négatifs sur les activités touristiques et de pêche, impacts dramatiques sur les espèces marines.

Les déchets plastiques, un véritable fléau

Les plastiques sont les macro-déchets les plus répandus dans l’environnement marin. Ils représentent près de 75 % des déchets en mer. Ils sont de nature et de taille très diverses : mégots, sacs plastiques à usage unique, cotons-tiges, emballages, granulés de plastique (matière première de l’industrie plasturgique), filets et équipements de pêche, etc. Au niveau mondial, on estime que ce sont entre 5 et 13 millions de tonnes de plastique qui rejoignent chaque année l’environnement marin.

Tout comme la production industrielle, ce chiffre est en constante augmentation. D’après un rapport de la fondation Ellen MacArthur (2016), il pourrait y avoir plus de déchets que de poissons dans le milieu marin d’ici 2050.

Les origines des déchets marins et leurs impacts sur les écosystèmes

La présence des déchets en mer peut avoir différentes origines :

  • les activités industrielles au sein des bassins versants, parfois bien en amont des estuaires (les déchets sont alors acheminés par les cours d’eau, les réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales),
  • les activités côtières à terre,
  • les déchets des professionnels présents en mer (transport, pêcheurs, etc.) et des autres usagers tels que les plaisanciers.

Tous les macro-déchets marins ont un fort impact sur la biodiversité marine et la plupart des espèces marines sont touchées. Elles sont entre autres victimes de phénomènes d'ingestion et d'enchevêtrement. En Mer du Nord, 94 % des estomacs d’oiseaux contiennent par exemple du plastique ! Les filets de pêche abandonnés ou perdus continuent quant à eux de piéger des poissons, tortues, oiseaux et mammifères marins pendant longtemps : on parle de « pêche fantôme ».

Les micro-plastiques offrent également un support à de nombreuses espèces et polluants, favorisant leur propagation à des distances très éloignées (espèces non indigènes, virus, bactéries, métaux, etc.). Ingérés par la faune marine qui les confond avec le zooplancton, ils sont source de contamination de la chaîne alimentaire.

Les actions concrètes pour lutter contre les macro-déchets

Tous les océans étant concernés, une coordination internationale des nombreux plans d’actions relatifs aux déchets marins est nécessaire, que ce soit au travers du G7, du G20 ou de conventions de mer régionales.

Sur le plan national, l'action du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire porte sur différents aspects :

  • la réduction des transferts de macro-déchets vers le milieu marin par les cours d’eau et les réseaux de collecte des eaux usées et pluviales,
  • l'amélioration de la collecte et de la gestion des déchets issus de la pêche,
  • le renforcement de la coordination des acteurs impliqués dans la mise en œuvre des politiques relatives aux déchets d’une part et aux milieux aquatiques et marins d’autre part,
  • le déploiement des dispositifs de surveillance et des programmes de recherche,
  • l’appui aux collectivités et acteurs publics pour lutter contre les déchets sauvages,
  • la sensibilisation du public.

Le Ministère met l'accent sur les actions de prévention portant notamment sur l’éco-conception et le recyclage, ainsi que sur la gestion des déchets terrestres avec les filières à Responsabilité Élargie du Producteur (REP). Dans ce cadre, la France a pris d’importantes mesures en instaurant des interdictions légales concernant la commercialisation de divers articles en plastiques à usage unique ou ayant un impact sur le milieu marin (sacs en plastique, assiettes et gobelets en plastique, cotons-tiges, microbilles en cosmétique). 

Plus localement, les actions de nettoyage sont essentielles. Elles permettent de réduire l’impact des déchets sur l’activité touristique, la sécurité de la navigation et les activités professionnelles de pêche. Elles représentent un coût important pour les gestionnaires des voies navigables en amont, et pour les collectivités territoriales en aval.

A l'échelle individuelle, il est important de respecter les consignes de tri et de limiter la consommation de plastique jetable à usage unique (préférer les objets réutilisables). Il est important de prendre conscience de l'impact des déchets, notamment plastiques, sur les milieux marins.