Navigation de plaisance

Publié le 24 mai 2019 — Modifié le 9 juillet 2019

Avec 4 millions de plaisanciers et 9 millions de pratiquants occasionnels (données 2016), la plaisance est une activité largement répandue dans les eaux métropolitaines. En 2016, on dénombre un peu plus d’un million d’embarcations immatriculées, dont 200 000 à voile et 750 000 à moteur.

Auparavant réservée à l’élite de la société, la plaisance s’est démocratisée à partir des années 1960. Ce phénomène a été favorisé par une baisse sensible du coût des bateaux et par une importante politique d’aménagement du littoral prévoyant la construction de nouveaux ports de plaisance. Aujourd’hui, la plaisance attire différents profils d’usagers, notamment les passionnés pratiquant la voile, les pêcheurs, les promeneurs occasionnels ou encore les usagers qui pratiquent différents sports depuis leur bateau (chasse sous-marine, pêche, ski nautique, etc.).

En 2015, la France (outre-mer inclus) compte environ 420 ports de plaisance pour plus de 250 000 places de ports. Les mouillages en dehors des ports sont utilisés comme alternative à la création de nouvelles infrastructures portuaires. Ces mouillages peuvent être organisés (notamment au sein des « ZMEL » : zones de mouillages et d’équipements légers) ou individuels, et nécessitent dans tous les cas une autorisation d’occupation temporaire (AOT) du domaine public maritime.

La pratique de la plaisance peut générer différents types de nuisance pour le milieu marin :

  • l’introduction de substances biologiquement actives dans le milieu. Le rejet des eaux noires[1] provoque l’enrichissement du milieu en matière organique. Le rejet des eaux « grasses »[2] et des eaux grises[3] génère des apports en différentes substances comme les graisses, les lubrifiants, les solvants, les détergents ou encore les substances liées à la combustion des hydrocarbures. L’utilisation de peintures anti-salissures a également un effet polluant (apports en cuivre, etc.) ;
  • le rejet de déchets ;
  • le dérangement, visuel ou auditif, des mammifères et des oiseaux marins. L’impact des perturbations sonores dépend avant tout du niveau d’émission sonore des moteurs, de la distance entre les embarcations et les espèces concernées, de la vitesse de l’engin et du comportement des plaisanciers.
  • des dommages physiques sur le milieu. Les mouillages avec utilisation de corps morts provoquent un balayage de la chaîne sur la zone autour du lest et peuvent dégrader les habitats. Ainsi, certains sites majeurs pour les zostères (en Atlantique) et les posidonies (en Méditerranée) sont dégradés par le mouillage et l’ancrage des navires. Les substrats meubles et les habitats rocheux peuvent également être endommagés.

[1]Eaux de toilette et WC.

[2]Les eaux grasses regroupent les eaux de fond de cale et les eaux de refroidissement de l’échappement des moteurs.

[3]Les eaux grises sont les eaux de lavage issues de la vie à bord (douche, vaisselle, lessive, etc.) et du nettoyage du bateau (nettoyage du pont, etc.).

En savoir plus

UMR AMURE (2019). Analyse économique et sociale : Rapport scientifique pour l’évaluation initiale 2018 au titre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM – directive n°2008/56/CE).