Habitats benthiques

Publié le 15 mai 2019 — Modifié le 9 juillet 2019

Rocheux, caillouteux, sableux ou vaseux, vallonnés ou plats, parfois bio-construits : les habitats benthiques sont d’une extraordinaire diversité. Plus communément appelés « fonds marins », ils se définissent par les espèces qui les composent, ainsi que par leurs fonctionnalités pour les espèces : nourricerie, frayère, zone d’alimentation, de reproduction ou de repos. Les habitats benthiques assurent des fonctions essentielles pour la faune et la flore marines qui s’y développent et constituent un élément majeur des écosystèmes marins.

Une diversité nécessaire au bon fonctionnement du milieu marin

Avec 11 millions de km² principalement situés en outre-mer, la France possède le second espace maritime au monde, réparti sur trois océans. Elle abrite ainsi 10 % des récifs coralliens, 20 % des atolls et 6 % des monts sous-marins. Ces milieux sont d’une grande richesse biologique, tant en outre-mer que dans les eaux côtières de l’Atlantique, de la Manche ou de la Méditerranée. Du fait de cette large répartition géographique, les eaux sous juridiction française abritent plusieurs types d’habitats benthiques.

Les habitats dits « particuliers »

Ces habitats sont biogéniques, c’est-à-dire qu’ils sont formés par les espèces qui les constituent. Ils sont particulièrement vulnérables aux stress environnementaux et aux activités humaines.

  • Le récif d’hermelles : les hermelles sont des vers marins tubicoles regroupés en colonies pouvant atteindre 60 000 individus par mètre carré. Elles vivent dans des tubes faits de grains de sable et de débris de coquilles qu’elles construisent en sécrétant leur propre colle. En raison de la densité de leur population, ces habitats peuvent former des récifs de plusieurs mètres. Ils servent d’abri à de nombreuses espèces et ont un rôle essentiel dans la préservation des écosystèmes côtiers.
  • Le maërl : cet habitat est constitué d’algues calcaires non fixées. Ces algues à croissance très lente (entre 0,5 et 1 millimètre par an) forment des branches évoquant certaines formations coralliennes. Cet habitat constitue un abri pour les larves de poissons, une nourricerie pour les juvéniles de bars, dorades et autres espèces recherchées par les pêcheurs, un site privilégié pour l’alimentation de bivalves (praires, palourdes, coquilles Saint-Jacques) ou encore une zone de ponte pour les seiches et les ormeaux. La valeur d’un banc de maërl est considérable !
  • L’herbier marin : cet habitat est une prairie sous-marine. Il offre de nombreuses fonctionnalités écologiques clefs : stabilisation et oxygénation des sédiments, lieu de frayères et nurseries, atténuation de l’hydrodynamisme. Il est un écosystème pivot de la bande littorale des côtes françaises.
  • Le récif corallien : fabriqué par le corail (animal secrétant un squelette calcaire), il est l’habitat marin le plus riche de la planète. Quelques kilomètres de récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie recèlent en effet plus d’espèces que l’ensemble des côtes françaises métropolitaines cumulées ! Assurant de nombreuses fonctionnalités pour la nature (abris, alimentation, reproduction), il a un rôle capital dans les sociétés humaines (protection du trait de côte contre les tempêtes, production halieutique, etc.).

Les habitats dits « ordinaires »

Moins connus que les habitats particuliers, ils constituent toutefois l’essentiel des fonds et occupent une place importante dans le fonctionnement du milieu marin. Fonds sableux, meubles, vasières ou encore cailloutis : ces habitats sont décrits par leur nature sédimentaire et façonnés par les courants et la morphologie des fonds. Ils abritent de nombreuses espèces à la base d’une vaste chaîne trophique. L’étude de leur étendue spatiale, de leurs états, des fonctionnalités écologiques associées et de leurs réponses aux pressions qu’ils subissent restent primordiale dans un contexte de gestion durable et de protection.

Des dispositifs réglementaires nombreux

Divers dispositifs règlementaires, mis en œuvre pour répondre à l’enjeu de préservation des fonds marins, impliquent le suivi et la gestion de l’état de santé des habitats :

Marha, vers la reconquête du bon état de conservation des habitats marins

Le projet Life Marha s’inscrit dans le cadre de la Directive européenne Habitats-Faune-Flore avec pour objectif d’atteindre et de maintenir le bon état de conservation des habitats naturels marins en mobilisant l’ensemble des acteurs de 164 sites Natura 2000 habitats en mer et en lagunes méditerranéennes.

Parmi les 34 actions du Life Marha plusieurs s’intéressent à l’évaluation et au suivi des habitats benthiques comme :

  • l’élaboration, en lien avec l’UMS Patrinat, d’une nouvelle méthode nationale d’évaluation à l’échelle biogéographique ainsi que sa déclinaison à l’échelle des sites Natura 2000 ;
  • l’harmonisation et l’animation de la mise en œuvre de la partie « «habitat benthique » du programme de surveillance de la DCSMM ;
  • l’expérimentation de technologies pour améliorer le suivi et l’évaluation.