Les questions sanitaires

Publié le 23 mai 2019 — Modifié le 9 juillet 2019

Les organismes vivants, a fortiori filtreurs, accumulent les substances chimiques et les toxines présentes dans le milieu marin. Par contamination, ils répandent ces substances sur l’ensemble du réseau trophique.

La contamination des océans peut présenter un risque pour la santé des espèces et des consommateurs de produits de la mer. Elle agit tant à court terme qu’à long terme, y compris après la suppression de la source de contamination.

Il est donc essentiel de suivre la qualité sanitaire des produits de la mer en considérant la contamination chimique et microbiologique, ainsi que la contamination par les phycotoxines (toxines produites par les algues). Par ailleurs, il est nécessaire de surveiller la qualité sanitaire des eaux de baignade.

Les contaminations chimiques des produits de la pêche

La sécurité chimique des denrées alimentaires (comprenant des produits de la mer comme les poissons, les mollusques et les coquillages) fait l’objet d’une réglementation communautaire. Cette législation vise à réduire la présence de contaminants (métaux lourds, polluants organiques persistants, dioxines, mycotoxines, etc.) dans les aliments, afin de garantir la santé des consommateurs.

La qualité des produits de la pêche est surveillée par des réseaux et des plans d’action spécifiques, qui vérifient leur conformité aux réglementations en vigueur se rapportant aux différents types de contaminants. On peut citer :

  • Le réseau ROCCH (Réseau d’Observation de la Contamination CHimique du milieu marin).
  • Les Plans de Surveillance et de Contrôle (PSPC) de la Direction Générale de l’ALimentation (DGAL).

De nombreux métaux et métalloïdes présents dans le milieu marin ont tendance à s’accumuler dans les organismes aquatiques, notamment les poissons prédateurs. De ce fait, les teneurs en certains métaux (particulièrement le cadmium, le mercure et le plomb) dans la chair des poissons, mollusques et crustacés peuvent être plus élevées que celles présentes dans d’autres aliments, notamment d’origine terrestre. Par conséquent, les produits de la mer représentent un vecteur alimentaire majeur de l’exposition humaine aux métaux et les niveaux de contamination sont un indicateur de l’état du milieu marin.

Les contaminations par les phycotoxines

La plupart des algues sont inoffensives. Toutefois, sur le plan mondial, environ 70 espèces sont toxiques : certaines espèces phytoplanctoniques produisent en effet des phycotoxines (ou biotoxines marines), dont certaines présentent un risque pour les consommateurs : diarrhée, paralysie, amnésie, etc. Environ 40 espèces d’algues produisant des phycotoxines dangereuses pour l’homme ont pu être identifiées et sont fréquemment observées dans les eaux côtières européennes.

Certaines algues sont dangereuses pour la faune marine elle-même, d’autres s'accumulent dans les coquillages. Les phycotoxines présentent dans les mollusques bivalves font actuellement l’objet d’un suivi systématique en France :

  • Dans les zones de production (parcs, filières, bouchots, etc.) ou dans les zones de pêche professionnelle. Le suivi est effectué par le REPHY (RÉseau de surveillance du PHytoplancton et des PHycotoxines).
  • Hors du milieu marin (dans les centres d’expédition conchylicole, sur les marchés, à la distribution et avant l’exportation). Le suivi est assuré par les plans de surveillance et de contrôle (PSPC) de la direction générale de l'alimentation (DGAL).

Les deux systèmes de surveillance sont complémentaires.

Les contaminations microbiologiques

La surveillance des bivalves est également nécessaire en raison des propriétés d’accumulation des coquillages, notamment des contaminants biologiques présents dans l’environnement. Elle est réalisée depuis 1989 par le REMI (RÉseau MIcrobiologique des coquillages). La DGAL a renforcé cette surveillance par la mise en place (initiée en 2009) d’un plan de surveillance expérimental des niveaux de contamination en Escherichia coli dans les mollusques bivalves vivant au niveau des établissements de production. Cette bactérie représente en effet, outre un indicateur de contamination fécale, un marqueur indirect de la présence potentielle d’autres pathogènes importants dans les coquillages.

Le risque microbiologique lié à la présence de bactéries pathogènes dans les produits de la mer est réel.

C’est pourquoi l’évolution de la contamination microbiologique dans le milieu marin, tant dans le biote (mollusques) qu’au sein de la colonne d’eau (eaux de baignade) fait l’objet d’une surveillance spécifique. Elle s’opère essentiellement grâce aux Agences Régionales de Santé, qui effectuent le suivi des zones de pêche à pied récréative et de la qualité des eaux de baignade, au REMI et à la DGAL.

Surveiller la qualité des eaux de baignade

Le contrôle sanitaire de la qualité des eaux de baignade est réalisé tout au long de la saison balnéaire. Les résultats d'analyse des paramètres microbiologiques et chimiques, ainsi que des contrôles visuels sont mis en ligne en temps réel durant toute la saison, sur le site internet du ministère chargé de la santé.

A l'issue de la saison balnéaire, en fonction des résultats, chaque site de baignade est classé dans l'une des quatre catégories suivantes :

  • « Excellente », « Bonne » et « Suffisante » : la qualité des eaux de baignade est conforme à la Directive Européenne 2006-7-CE.
  • « Insuffisante » : la qualité des eaux de baignade est non conforme à la directive.