Espèces non indigènes

Publié le 22 mai 2019 — Modifié le 9 juillet 2019

On désigne par le terme Espèce Non Indigène (ENI) toute espèce animale ou végétale dont la présence hors de son aire de répartition naturelle est avérée. Ces espèces représentent une menace majeure pour la biodiversité marine.

La nature des ENI

On distingue deux types d’espèce non indigène :

  • Les ENI établies : ce sont des ENI qui se reproduisent dans le nouvel écosystème et forment une population, sans forcément être envahissantes.
  • Les ENI invasives, dites également proliférantes ou envahissantes : ce sont des ENI établies dont l’abondance et/ou l’aire de répartition dans leur nouvelle zone d’introduction augmente significativement et rapidement, au point souvent de modifier la structure ou le fonctionnement de leur environnement.

Les ENI incluent des espèces exotiques, introduites par des vecteurs humains (importation/exportation d’organismes par exemple), les organismes génétiquement modifiés (e.g. polyploïdes) et des hybrides issus de leur croisement avec des populations indigènes.

L’introduction des ENI : une pression d’origine anthropique

Les introductions ou propagations d’espèces non indigènes existent depuis de nombreux siècles, via des vecteurs humains ou naturels. Des introductions secondaires peuvent également avoir lieu, en direction de sites hors de l’air de répartition actuelle (on parle alors de nouvelle introduction) ou au sein même de son aire de répartition actuelle (on parle alors de translocation).

Ces phénomènes se sont accélérés avec la mondialisation des échanges. Les principaux types d’activité en lien avec cette pression biologique sont :

  • les transports maritimes, les ports (introduction par les vecteurs eaux et sédiments de ballasts, biosalissures sur les coques ou déchets flottants),
  • les travaux publics maritimes (propagation et modification locale du milieu),
  • la pêche professionnelle (propagation via les rejets de pêche),
  • l’aquaculture (introduction et propagation via les échanges entre sites et via les infrastructures ou les déchets flottants)
  • la commercialisation et la transformation des produits de la mer (introduction et propagation via les aquariums, viviers, bassins d’expérimentation, etc.),
  • la navigation (introduction et propagation via les biosalissures et mouillages des bateaux de plaisance, de commerce et des navires de défense).

L’impact des ENI sur l’écosystème

Depuis 2012, 34 nouvelles espèces non indigènes ont été signalées en France, dont 28 correspondent à un premier signalement : 8 nouvelles introductions signalées en Manche/Mer du Nord, 7 en Mers Celtiques, 7 dans la partie Nord du Golfe de Gascogne, 15 dans sa partie Sud et 11 en Méditerranée Occidentale.

Si la présence d’espèces introduites n’a pas toujours de conséquence immédiate à cette échelle, les impacts significatifs et variés de plusieurs autres espèces anciennement introduites ont cependant été démontrés. En effet, on a pu observer des modifications dans la structure et le fonctionnement des écosystèmes, notamment au niveau des habitats et des communautés, voire au niveau des flux biogéochimiques.

L’impact économique de l’ensemble des espèces non indigènes invasives (terrestres et aquatiques) est estimé à 12 milliards d’euros par an en Europe et le coût de la lutte contre ces espèces à 38 millions d’euros par an pour la France.

Il est important de progresser rapidement vers la mise en place de programmes de suivis et de mesures permettant de prévenir les futures nouvelles introductions.